« LA REVUE » : MOLIERE S’INVITE A LA REVUE DES FEMMES

revue

La Revue – Mise en scène : Alexis Goslain – Théâtre Royal des Galeries, Bruxelles – Jusqu’au 22 janvier 2023, les mardi, mercredi et vendredi à 20h15, le dimanche à 15h00. Certains samedis à 15h00 et d’autres à 20h15.

Molière misogyne ou féministe ? Ces questions légitimes se posent depuis bien longtemps, particulièrement à la lecture de ses pièces. Pensons à la « duplicité » (par exemple) qui déplaît dans « George Dandin » avec Angélique ou Célimène dans le « Misanthrope », ou encore les pères insupportables (Argan et Harpagon) de filles exemplaires : Angélique dans le « Malade imaginaire » et Elise dans « L’Avare ». Et « Les Femmes savantes », « Les précieuses ridicules » ? L’écriture de Jean-Baptiste Poquelin alias « JB » ne semble pas épargner ledit « beau-sexe » … Et si derrière cette légèreté se cachait un « discours de liberté » ? De « révolte contre le contrôle, voire la tutelle, des pères et des maris » ? C’était, en effet, une époque peu engageante pour les femmes que la gent masculine prétendait ou plutôt souhaitait soumettre à tout prix. Et que dires des personnages (presque de prédilection) de Molière, les servantes, toutes aussi audacieuses, insolentes parfois intrépides, les unes que les autres ? Elles « bousculent l’ordre social » et « conteste l’autorité de leur maître », se révoltant contre le mariage non consentit, ou le viol conjugal ou non…

On peut imaginer que le débat soit infini et que départager les différentes opinions sur le sujet soit de l’ordre de l’impossible. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Quoi qu’il en soit, n’en déplaise à certain/e/s ou en réjouissent d’autres, Molière s’invite à la Revue en échangeant ses points de vue sur la société d’aujourd’hui avec, entre autres, les femmes du spectacle, à l’honneur dans La Revue de cette année. Une claire réalité, non dénuée d’un certain humour !

Un « cabaret satirique »

Autant le dire tout de suite, ici pas de langue de bois ! Avec finesse et bonne humeur la mise en scène est pétillante. On est tout de suite emballé par la proposition d’Alexis Goslain.

Le fil conducteur cette année : les 400 ans de la naissance de Molière, qui « s’invite » au spectacle pour la plus grande joie des spectateurs. Il « revient » pour « se confronter à notre siècle », « immergé dans la modernité et dans une société décalée à la sienne ». Plus vrai que nature il nous donne son avis sur tout. Les femmes apparaissent au fil des siècles dans une parodie rafraîchissante et dynamique, mais non dénuée de sens. Ainsi surgissent sans crier gare Sarah Bernard, Frida Kahlo, Marie Curie, Joséphine Baker ou Marie-Antoinette pour ne citer qu’elles. La « thématique féministe » émerge de ce spectacle haut en couleur.

Ce sont d’ailleurs les femmes qui, cette année, « signent l’écriture de La Revue à travers un regard décalé sur les différents sujets traités » précise Alexis Goslain. Ainsi notre politique, économie, le virus, l’inflation, le climat en Europe et la guerre en Ukraine en prennent pour leur grade. Des caricatures drôles et détonantes, comme par exemple, un Alexandre de Croo, bluffant !

Goslain cite ainsi Molière : « Face à la bêtise, la culture est le rempart le meilleur » ! force est d’approuver !

Quant à la chorégraphie signée Antoine Pedros, pour qui « la danse avec le jeu est une démarche qui fait partie intégrante de son processus de création », il la réalise en collaboration avec Kilian Campbell. Une chorégraphie inspirante, lumineuse et colorée. Les femmes et les hommes sont, tour un tour, l’un et l’autre. Ici pas de différence. Le « iel » y a toute sa place. Comédie musicale, ou danses urbaines, les mouvements sont « précis et rythmiques ». « Rencontre de deux univers.

Avec un choix de casting judicieux, effets lumineux, chorégraphies pétillantes, chansons à gogo, La Revue est sans nul doute à découvrir au théâtre Royal des Galeries jusqu’au 22 janvier 2023.

Un plaisir pour les yeux, les oreilles, et le moral ! J’y vais !

Julia Garlito Y Romo

* Chorégraphies : Antoine Pedros et Kylian Campbell; réalisation musicale : Bernard Wrincq ; avec Bernard Lefrancq, Angélique Leleux, Pierre Pigeolet, Marie-Sylvie Hubot, Gauthier Bourgois, Natasha Henry, Denis Carpentier, Frédéric Celini, Max Stofookper et Bénédicte Philippon.

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