« RÊVE D’AUTOMNE », PETITES MORTS D’UN CHEMIN DE VIE

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« RÊVE D’AUTOMNE » texte de l’auteur norvégien Jon Fosse (texte français : Terje Sinding) – mise en scène : Georges Lini – Théâtre Le Rideau à Bruxelles, jusqu’au 26-02-2022

Entre la vie et la mort, le temps passe inexorablement

Considéré comme l’un des plus grands auteurs contemporains, décoré de l’Ordre National du Mérite français (2007) (en autres distinctions) et traduits dans plus de 40 langues, les textes de Jon Fosse « n’apportent ni réponse ni jugement moral ». « Rêve d’Automne », la nouvelle création de Georges Lini essaie à sa manière de ne pas s’en écarter. Ça marche, peut-être, de temps en temps, et souvent pas du tout. En tout cas, le metteur en scène fait le choix de crapahuter ses personnages tout à la fois dans un cimetière et une vielle maison. Un décor automnal magnifique qui donne le frisson et apaise à la fois, sur fond de musique d’opéra, plongeant dès le début les spectateurs dans une ambiance mystérieuse. Un homme, une femme, un amour, une épouse, une mère et un père, une grand-mère, la mort, la vie.

Il est marié et à un enfant. Il ne peut pas et pourtant, comment lutter face au coup de foudre ? Ils se sont aimés et la vie les a séparés. Et puis, ironiquement, la mort va les réunir à nouveau. Lui, est venu assister aux obsèques de sa grand-mère. Elle se retrouve « par hasard » par « instinct » dans le même cimetière. Est-ce leurs âmes si profondément unies par un amour inoubliable qui provoque cette rencontre improbable ? Les sentiments sont-ils de puissant aimants ? La vie est faite de choix, de regrets, de remords, d’amour, de peurs, de douleur et de bonheurs, mais aussi de jeunesse, de vieillesse, de vie et de mort. Lorsque cette dernière approche, ou frappe les êtres que l’on a aimés, qui nous entourent, le questionnement sur le temps qui passe inexorablement se pose comme une fatalité sur notre parcours de vie. Qu’ai-je fait ? Qu’aurais-je pu faire ? Qu’aurais-je du faire ? Que ce serait-il passé si les choses s’étaient déroulées autrement ? Et puis les parents, âgés, l’enfant devenu adolescent, l’épouse délaissée, vont apparaître dans ce tourbillon de sentiments, interprétant des phrases qui se répètent presque à l’infini et différemment suivant les scènes.

Georges Lini confie «se mettre en danger » en jouant le rôle principal.

La complicité sur scène entre Georges Lini et Isabelle Defossé est plus qu’évidente. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois pour ces deux artistes, complices tant au théâtre que dans la vie. Defossé incarne si bien l’amoureuse, que l’histoire semble vraie. Et, que dire de Cécile Van Snick et Claude Semal, merveilleusement émouvants dans leur rôle de parents ?

Lini, à la fois metteur en scène et acteur principal, confie se « mettre en danger ». Un choix pas toujours judicieux. Une lassitude, un sentiment de manque de rigueur , on est un peu sur la faim . L’écriture est pure, le texte rappelle par moment le phrasé de Koltés.

Malgré cette écriture prenante, forte et émouvante, il y a du pour et du contre. A découvrir au Théâtre Le Rideau à Bruxelles, jusqu’au 26-02-2022

Julia Garlito Y Romo,
à Bruxelles

Avec Isabelle Defossé, Georges Lini, Claude Semal, Barbara Sylvain et Cécile Van Snick – Œil extérieur : Nargis Banamor / Scénographie et costumes : Thibaut De Coster et Charly Kleinermann / Création lumières et direction technique : : Jerôme Dejean / Collaborateur dramaturgique et visuel : Sébastien Fernandez / Photos spectacle : Jerôme Dejean

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