UN « GISELLE… » TOUT EN LEGÈRETÉ DE FRANÇOIS GREMAUD

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« Giselle… » – François Gremaud – Au Théâtre de Vidy-Lausanne, du 15 au 19 février 2022 et en tournée. 

« Giselle…» est le second volet de la trilogie que consacre François Gremaud à trois grandes figures féminines tragiques des arts vivants classiques : Phèdre (théâtre), Giselle (ballet) et Carmen (Opéra).

Vous saurez tout sur le ballet classique et sur « Giselle », chef-d’oeuvre du romantisme, en assistant à cette comédie-ballet. En effet, le principe du seul.e-en-scène descriptif et actif est relativement identique à celui utilisé pour la précédente pièce de François Gremaud intitulée « Phèdre! ». Mais cette fois-ci, c’est une comédienne-danseuse qui nous guidera.

La scène nue est recouverte d’un tapis rectangulaire blanc, seulement occupée par une chaise. Le quatuor de musicien.ne.s est installé en fond de scène. Réinstrumentalisée par Luca Antignani, la musique d’Adolphe Adam, légèrement modernisée par l’ajout d’un saxophone, semble pareille à l’originale tout en ne l’étant pas tout à fait. Les instrumentistes jouent avec brio de leur virtuosité comme de leur sensibilité.

Samantha van Wissen, sobrement vêtue de noir, est la conférencière dansante qui emmène le public à la découverte de cette oeuvre. Après une introduction enrichissante sur l’origine du ballet, elle raconte, décrit, mime, explique, danse et passe d’un personnage à l’autre tout au long des presque deux heures de spectacle. Elle virevolte de didascalies en déboulés et de diagonales en narration. Mine de rien, il s’agit aussi de pédagogie, mais de celle qui nous met en joie, émaillée de jeux de mots, de paraphrases (énoncées ou dansées) et de clins d’oeil. Sa danse est extraordinaire, une sorte de résumé rapide des mouvements du ballet, entre postures contemporaines et académiques. Elle cabriole de pantomimes en boutades, tout en dépeignant par le corps et le langage, les décors, les mouvements, la trame de l’histoire, les sentiments évoqués par l’action. Il faut la voir et l’entendre enchaîner les termes de danse classique tout en les mimant!

Une pièce contemporaine, tout en légèreté, comme reflétant la quatrième dimension du ballet classique « Giselle » présenté en 1841 où l’amour est plus fort que la mort, comme seul l’art le permet. Nul doute que la conception joyeuse de cette version « 3 points de suspension » lui offre une nouvelle vie.

Impossible maintenant de résister au plaisir de visionner la version 1977 (disponible sur youtube) de « Giselle » avec Natalia Makarova et Mikhail Baryshnikov, en lisant avec délice le livret de « Giselle… » gracieusement offert à la fin de la représentation !

Culturieuse,
à Lausanne

Avec la danseuse Samantha van Wissen et les musicien.ne.s Léa Al-Saghir (violon), Valerio Lisci (harpe), Héléna Macherel (flûte), Sara Zazo Romero (saxophone).

Photo Dorothée Thébert-Filliger

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