A BASTILLE, UN « VAISSEAU FANTÔME » UN PEU DECEVANT

vaisseau

Le Vaisseau Fantôme – Opéra de Richard Wagner – mes Willy Decker – Direction musicale Hannu Lintu – A l’Opéra Bastille, Paris, jusqu’au 6 novembre 2021

Une tempête contraint Daland et son équipage à se réfugier dans une crique. Lorsqu’ils sont enfin à l’abri, il fait prendre du repos à son équipage et demande à son pilote de veiller sur eux. Mais celui ci s’endort… Le Vaisseau fantôme du Hollandais volant en profite pour accoster dans la baie. Le Hollandais est victime d’une malédiction : condamné à errer sur les mers depuis des années et en attente d’une rédemption bien longue à arriver. Daland se réveille et se voit proposer un marché très enrichissant : les trésors accumulés par le Hollandais au cours de son errance en échange de la main de sa fille Senta…Senta, qui au port attend le retour de son père, a été bercé par la légende du Hollandais par sa nourrice Mary…

L’Opéra de Paris nous propose à Bastille une reprise du Vaisseau fantôme de Richard Wagner avec une mise en scène de Willy Decker, 21 ans après sa première.

Les lumières s’éteignent, l’orchestre dirigé par Hannu Lintu commence à jouer l’introduction… Le rideau noir sur la scène restera baissé pendant une douzaine de longues minutes provoquant un léger début de léthargie chez certains, tandis que d’autres commenceront à se dissiper. Heureusement le rideau se lève enfin et tout le monde se concentre son attention sur l’imposant décor créé par Wolfgang Gussmann.

Des navires, nous ne verrons même pas la proue, seulement des amarres et un bout de voile rouge visible à travers l’embrasure de la porte et sur un grand tableau en fond de scène.

L’emploi d’une immense et unique pièce pour les 3 actes questionnent parfois le spectateur : tous les personnages sont dans cette pièce alors qu’ils ne se sont pas encore rencontrés, la scénographie est un peu incohérente mais néanmoins on se laisse porter avec une certaine bienveillance car l’effet produit par la grandeur du décor, et sa mise en valeur par des lumières bleutées choisies avec soin par Hans Toelstede, est suffisamment saisissant pour que l’on passe sur ce point.

Le plaisir de la soirée a été d’écouter Ricarda Merbeth qui propose une interprétation dramatique de Senta totalement dans le caractère wagnérien et Günther Groissböck (Daland) qui possède de bien jolis graves. Face à eux, Tomasz Konieczny, a semblé quelque fois manquer de puissance pour camper le Hollandais surtout dans le premier acte. Sa voix semblait étouffée, tout comme celle de Michael Weinius (Erik) dans les graves alors que ses aigus sont impeccables. Agnès Zweirko (Mary) livre une prestation de belle facture et sa voix tire les chœurs féminins vers le haut.

Le chef Hannu Lintu tient l’Orchestre de l’Opéra sous sa baguette avec finesse et énergie : une main de fer dans un gant de velours.

Le sentiment qui domine est pourtant très faible en intensité, peu d’éclat dramatique dans cette version hormis lors du final, point d’orgue dramatique où Tomasz Konieczny libère ses graves avec talent tandis que Ricarda Merbeth monte crescendo dans des aigus rugissants juste avant sa mort exaltée. Et puis cette dernière scène où la malédiction se rappelle à notre souvenir… Puissante scène finale !

Valérie Leah

Photo : E. Haberer

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