« LES BEAUX », MAISON BARBIE

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« Les Beaux » – Texte de Léonore Confino – mise en scène : Eric De Staercke – avec Ariana Rousseau et Fabio Zenoni. Théâtre Le Public, à Bruxelles – Jusqu’au 30 octobre 2021, petite salle des voutes.

Synopsis : La scène révèle un décor rose digne d’une publicité pour la vente de poupées Barbie. Un huis clos où il ne se passe rien. L’espace est absurde, les personnages qui l’investissent aussi. Leur immobilité saisit, bouleverse. Sont-ce des pantins ? Des poupées? Bienvenue au théâtre de l’absurde si cher à Samuel Beckett, où l’éloge est à la parole sobre, dépouillée, austère. Ça promet des étincelles, du comique…

Place à l’action. Un couple, impassible au brouhaha ambiant, semble dormir sur un divan alors que les spectateurs entrent dans la salle, percevant le son d’une boite à musique. Soudain le couple se réveille, et le public est immergé dans ce qui semble être ce monde irréel, onirique. Les deux personnages, aux manières robotisées, aux habits kitch à souhait, sont bel et bien Ken et Barbie. Ils sont sereins, parlent d’amour, de passion, de beauté. Ils sont très beaux. Ils se le disent, le répètent de manière mécanique. Pour finir, ils le croient : « Nous sommes beaux! »

Des éclats de voix au loin, enrobés de dispute, perturbent ce climat de perfection absolue. Pour feindre de ne pas entendre, les poupées animées s’empressent de chanter ou de danser. Animées dites-vous ? Par les mains d’une enfant que l’on imagine : Alice. Alice au Pays des Merveilles? Rien à voir.

Le revers de l’histoire révèle une vie bien moins rose que le décor. Les parents de la petite fille, en proie à leurs tourments, aigris par la vie, entre mensonges et réalité, s’en prennent l’un à l’autre se jetant les culpabilités à la figure, notamment la cause de l’état mental de leur enfant. Pas un instant ils ne songent qu’Alice peut les entendre.

« C’est mieux quand les parents sont beaux et heureux », pense Alice. Alors, pour en finir avec ces conflits qui l’ont plongée dans le mutisme, se coupant du monde, se réfugiant dans celui de l’imaginaire et du beau, seule avec Ken et Barbie, dont elle ne se sépare jamais, la petite fille prend une décision qui va chambouler la vie de la famille.

Que va-t-il advenir ? Quelle sera l’issue de cette histoire qui pourrait être la vôtre, la nôtre ?

Pour le savoir, rendez-vous au Théâtre Le Public à Bruxelles. « Les Beaux », drôle et décalé, se joue jusqu’au 30 octobre 2021 dans la petite salle des voutes à 20h30.

Les comédiens : On y croit ! Ariane Rousseau et Fabio Zenoni forment un duo incroyable. Ils sont là, ici et maintenant, et on est avec eux dans leur intimité : elle, dans son rôle de femme au foyer un tantinet alcoolique, est éruptive, volcanique, et parfois cynique ; lui, le mari, n’est pas un homme à se laisser marcher sur les pieds surtout après avoir sniffé une ligne de coke ! Le spectacle est criant de réalisme et bluffant. On sent une vraie complicité et cela se traduit par un spectacle réjouissant, haut en couleur. Bravo!

Mise en scène / Auteure : Lorsque Éric De Staercke prend les manettes pour une mise en scène, on sait d’ores et déjà qu’on se n’ennuiera pas ! Et c’est le cas avec LES BEAUX. Assisté, ici, par Cécile Delberghe, on ne peut qu’apprécier l’humour, la finesse et l’intelligence avec laquelle De Straercke met en avant une problématique plus que courante dans les couples de la société d’aujourd’hui. « Ce devait être une belle histoire, raconte-t-il au théâtre LE PUBLIC, il était une fois une femme et un homme qui se marièrent, furent heureux et eurent un bel enfant… et bla-bla-bla. ». Cela ne vous rappelle rien ? « Mais l’histoire de ce couple, poursuit-il, n’est pas un conte de fées ». « La beauté dont ils se vêtent n’est qu’un manteau en patchwork pour cacher la laideur ». On peut également apprécier la scénographie moderne et simpliciste : une structure en bois déguisée et tournante met en valeur la beauté de cette création originale.

Léonore Confino crée ce conte d’aujourd’hui avec humour pour amener le spectateur « à rechercher notre beauté intérieure dans un voyage dont personne ne sort indemne ». Pari réussi donc, pour cette auteure théâtrale et actrice qui n’en est pas à son premier succès, puisque nominée trois fois aux Molières en tant que meilleure auteure francophone vivant : 2014 (pour « Ring »), 2016 (pour « Poisson Beige ») et 2020 (pour « Les Beaux »).

« Les Beaux », on y va !

Julia Garlito Y Romo et Dominique Bela

L’équipe : Assistante à la mise en scène : Cécile Delberghe / Scnénographie : Sandrine Clark / Costumes : Chandra Vellut / Assistante costumes : Jeanne Dussene / Lumière : Serge Bodart / Créateur son : Eloi Baudimont /Maquillage : Kelly Leducq / Régie : Coralie Scauflaire et Sybille Van Bellinghen.

Une production du Théâtre Le Public.

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