« TRANSVERSE ORIENTATION », QUELQUES ILLUMINATIONS DANS UNE BIEN LONGUE TRAVERSEE

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« Transverse Orientation » – Dimitris Papaioannou – Théâtre du Châtelet – du 7 au 11 septembre 2021 à 20h.

De la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’Athènes au Festival d’Avignon, en passant par une collaboration avec le Tanztheater de Wuppertal, Dimitris Papaioannou s’est taillé une réputation internationale de chorégraphe et de plasticien. Son nouvel opus, « Transverse Orientation » fait donc partie des événements de la rentrée. Si la proposition démarre avec beaucoup d’humour et un magnifique taureau sur scène, elle nous emmène aussi dans des dédales mythologiques parfois longs à mettre en place, au risque de perdre une partie du public.

En fond de scène, une petite porte se découpe sur un long mur gris, tandis qu’un néon paresseux grésille. Des hommes en complets noirs, silhouettes surmontées de petites têtes rondes qui se découpent dans la lumière jaune, viennent investir l’espace avec une drôle de démarche. Ils seront sept à se partager la scène, six hommes et une femme, la magnifique Breanna O’Mara déjà remarquée parmi les « nouvelles » recrues du Tanztheater de Wuppertal. Les danseurs sont rejoints par un extraordinaire taureau grandeur nature, magnifiquement articulé, auxquels ils donnent vie en bougeant ses pieds, sa tête, sa queue… Ils quittent leurs habits pour faire corps avec cette grande masse noire. Le tableau est superbe et constitue assurément le point d’orgue de la soirée.

La suite est une déclinaison de mythes, où se côtoient hommes à tête de taureau, Vénus sortie des eaux, et même une scène d’émasculation. La musique classique s’invite par intermittence avec justesse. Il y a sûrement un chemin entre ces tableaux, et la rêverie sans fil narratif précis peut aussi être agréable, du monde des affaires aux origines du monde pour terminer sur le temps qui passe et la vieillesse. La lenteur avec laquelle certains passages se mettent en place se révèle pesante à force, surtout dans la préparation du final quand les danseurs entreprennent méthodiquement de défaire le sol de la scène pour révéler la mer dans les reflets de lumière sur une mince couche d’eau.

Le plasticien a une excellente maîtrise technique et sait donner vie à ses tableaux avec la précision d’un sculpteur. Pour qui accepte de le suivre dans sa lenteur assumée, le spectacle est magnifique. Pour ceux qui attendent plus de danse de la part de ces corps finement musclés, « Transverse Orientation » est plus lourd à porter.

Emmanuelle Picard

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