UN « ELEPHANT MAN » QUI TROMPE QUI TROMPE

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CRITIQUE. « Elephant Man » de Bernard Pomerance – Mise en scène de David Bobée au Théâtre des Salins, scène nationale de Martigues – les 6, 7 et 8 Février 2020

C’est après un magnifique « Peer Gynt » que le metteur en scène David Bobée revient au Théâtre des Salins pour une adaptation d’ »Elephant Man » d’après la pièce écrite en 1977 par Bernard Pomerance pour Broadway. Auréolé d’un Tony award le comédien Philip Anglim joua dès la création, sans maquillage, le rôle-titre. David Bobée reprend à son compte l’idée initiale et offre à Joey Starr un rôle sur mesure pour ce monstre de scène que l’on sent prêt à tout engloutir.

« Elephant Man » est avant tout cette histoire vraie tirée de la biographie du chirurgien Frederick Treves qui découvrit cet homme, Joseph Merrick, présenté comme un phénomène de foire et atteint de diverses malformations. La légende voulut qu’on attribuât ces malformations à l’accident qu’avait subi sa mère durant sa grossesse, piétinée par un éléphant. Extirpé par le médecin de ce milieu de cirque, Joseph Merrick fut alors pris en charge par le chirurgien au sein du Royal Hospital de Londres.

Initialement montée avec Joey Starr et Béatrice Dalle, c’est avec un autre casting que les spectateurs du Théâtre des Salins découvrent la mise en scène de David Bobée, la comédienne Béatrice Dalle ayant jeté l’éponge. D’entrée de jeu, la scène de présentation par son « montreur de cirque » de la « bête informe » suscite quelques interrogations tant il est difficile d’être entraîné par ce discours laborieux. La suite nous donnera raison. La pièce se déroule alors exclusivement dans cet hôpital froid de Londres qui servira à la fois de nouvelle demeure à Joseph Merrick et de tombeau.

Sur quelques idées malignes et une distribution alléchante mais à présent tronquée par l’absence du duo Starr/Dalle, David Bobée offre une relecture plus contemporaine ou tout du moins mettant en avant la constance des injustices. Bien que le propos soit cohérent rien ne va dans ce spectacle. Difficile d’y trouver alors un semblant de réussite alors que même les comédiens ne semblent plus eux-mêmes ni convaincus ni convaincants. Dans un ensemble de scènes éructées face public et parfois à la limite de l’audible, rien ne passe, aucune émotion, pas de nuances. La seule réplique qui peut alors venir à l’esprit devient « Mais qu’allait il faire dans cette galère ! ».

Un loupé comme il en arrive aux plus grands metteurs en scène, peut-être embarqué malgré lui dans ce radeau de la Méduse à la dérive. Impossible de trouver un comédien, pourtant chacun talentueux, tirant son épingle du jeu tant il est compliqué de ne pas trouver de défauts à telle ou telle scène ou un manque évident de direction d’acteur où chacun semble tourner en roue libre.

Une déception à la hauteur de l’attente d’un spectacle d’un grand metteur en scène et d’une affiche alléchante. A oublier pour passer vite à autre chose !

Pierre Salles

Photo Arnaud Bertereau

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