JOSHUA REDMAN EN QUARTET EXPLOSIF A FLAGEY

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CRITIQUE. Brussels Jazz festival, vendredi 10 janvier 2020, Flagey : Antoine Pierre, batterie, Joshua Redman, saxophone, Eric Legnini, piano, Or Bareket, contrebasse.

Antoine Pierre, batteur de 27 ans seulement, est artiste en résidence à Flagey. Dans le cadre de l’édition 2020 du Brussels Jazz Festival, il a carte blanche pour une série de trois concerts. L’étoile montante du jazz belge a réuni pour le concert inaugural un quartet inédit avec le grand Joshua Redman au saxophone (« son parrain spirituel »), Éric Legnini au piano (« son oncle ») et Or Bareket à la contrebasse (« son frère d’une autre mère »). C’est avec cet humour et cette joie de vivre que le batteur-compositeur présente ses « amis », qu’il appelle aussi « sa famille » musicale et c‘est vrai qu’on se sent bien dans le studio 4 de Flagey avec eux.

Prolongeant la tradition des groupes de jazz animés par un batteur (l’exemple le plus fameux du genre étant Art Blakey et ses Jazz Messengers dans les années 50), Antoine Pierre explore tous les genres de la tradition jazzistique : blues, ballades, avec même quelques incursions du côté du groove. Les premières fois ont toujours un je-ne-sais-quoi de particulier. Même si Antoine Pierre avait déjà joué avec chacun de ces musiciens individuellement, le concert a eu la saveur et l’émotion des commencements. Il n’avait envoyé les partitions que trois semaines avant et le quatuor n’a répété que la veille. Il voulait garder cette saveur du jazz. Joshua Redman, la guest star de l’ensemble, a abordé ce quatuor avec modestie et brio, alternant saxophone ténor et soprano. Il a mis son souffle dynamique au service des mélodies de son hôte du jour. Lui, comme les autres musiciens, avaient encore les partitions des morceaux sous les yeux. La fraîcheur de la découverte a fait partie du charme de la soirée et enthousiasmé les spectateurs –salle comble à Flagey.

Éric Legnini a rythmiquement cadré les échanges de la soirée avec la très élégante ligne de basse d’Or Bareket, laissant les mélodies au saxophone et à la batterie. Le drumming d’Antoine Pierre, dans le cadre de ce quartet acoustique, fut tout en retenue, (en « ghost notes »), léger et pur. Ses soli de batterie, en particulier, restant délibérément du côté mélodique et loin de la démonstration technique. Mention particulière pour le morceau « Budapest », inspiré par un récent séjour sur les bords du Danube.

Un premier concert qui donne envie de revoir Antoine Pierre très vite et pourquoi pas dès ce jeudi 16 janvier à Flagey, avec son groupe URBEX, dans les Variations sur Bitches Brew, le fameux opus de Miles Davis, qui fit basculer il y a 50 ans le jazz dans l’ère électrique. Attention : talent à suivre de près…

Colombe Warin,
à Bruxelles

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