« HAPPY DAZE » : AVEC AURELIE IMBERT, LE THEÂTRE PREND LE LARGE

happydaze

CRITIQUE. « Happy Daze », une réécriture d’Aurélie Imbert en réponse à « Happy Days » (Oh, les beaux jours) de Samuel Beckett, joué et mis en scène par l’auteure.

Cachée sous son parapluie, « les pieds dans l’eau, la tête dans les nuages », elle attend. Elle attend qui, elle attend quoi. Godot, peut-être ? Mais il ne viendra pas. En revanche le public est là, scrutant dans le silence cette femme perdue dans ses rêves.

Alors Winnie se met à parler. Elle s’adresse à Willie que l’on ne verra jamais. Elle se débat avec sa mémoire. Sa langue vacille entre français, anglais ou encore polonais. Sa propre parole la submerge. Elle ne fait pas que parler, elle chante aussi, crie, rit, pleure, éructe. Elle joue avec les mots, se joue des mots et exorcise in fine ses maux au cours de ce monologue poétique hésitant entre une parole qui se délie et un combat pour survivre.

Winnie, c’est Aurélie Imbert, une comédienne de 29 ans, poète et dramaturge de la cité phocéenne. Après s’être déjà confrontée à William Shakespeare (Willie)*, elle s’attaque maintenant à Samuel Beckett en sublimant la pièce « Happy Days », sans la dénaturer. Funambule du langage, amoureuse de la sémantique, avec elle le théâtre prend le large. Sa performance est étonnante. Elle nous installe dans un univers poétique étrange, dérangeant et tendre. Son monologue ira comme un gant à la programmation à venir du Festival littéraire de Marseille, intitulé justement « Oh, les beaux jours ».

« Happy Daze » sera joué également en février au Théâtre des Argonautes à Marseille, puis au mois de mars au Cube d’Aix-en-Provence dans la cadre de la Semaine internationale du Théâtre universitaire dont le thème est la redécouverte des textes dans le jeu de l’acteur ; enfin les 24 et 25 avril au Théâtre Marie-Jeanne de Marseille.

André Baudin

* « Le songe d’une femme de ménage », titre proche du « Songe d’une nuit d’été » de William Shakespeare. Sélectionné au Festival Off d’Avignon en 2017, il s’imprégnait de la poésie du grand maître anglais. Lire l’article ICI.

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