« POURVU QU’IL PLEUVE » : LA VIE ORDINAIRE MODE D’EMPLOI

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CRITIQUE. « Pourvu qu’il pleuve » – mes : Astrid Mercier – texte : Sonia Ristic – Salle Benoit XII le 8 novembre 2019 à 20h30 – programmation des ATP d’Avignon.

Astrid Mercier met en scène la compagnie « Dimwazell’Cie » formée de sept comédiens, qu’elle a créée en 2015 et dans laquelle elle a choisi de réunir des cultures et origines différentes. Cette nouvelle création répond tout d’abord à la volonté de la metteuse en scène de partager un héritage culturel Martiniquais. Astrid Mercier opte pour un texte qui propose un questionnement sur la place de l’individu dans la société et ses choix de vie. Son quotidien est-il une obligation, un choix propre ou une routine qui s’impose ? Toutes ces questions n’amènent pas forcément une réponse, mais une réelle réflexion sur sa propre vie.

Astrid Mercier plonge le spectateur dans un café de quartier où tout va très vite, à la mode parisienne, au sein d’une équipe composée de trois serveuses, de deux cuisiniers Kurdes, d’un couple d’amoureux clients du bar. Sur scène chaque partie a son espace bien défini comme un comptoir, un ilot central, une table et deux chaises. Tous vont s’exprimer tour à tour souvent par de petites bribes de conversations. Un jeu de ping pong oral pour lequel la metteuse en scène s’aide de jeux de lumières afin d’apporter plus de lisibilité aux spectateurs.

Les conversations vont et viennent entre anecdotes personnelles sur la pluie et le beau temps et questionnements profonds sur la place de l’amour dans un couple et les doutes inhérents à la vie à deux. Tout y passe, la famille, la religion, du mal du pays, la liberté et le respect des choix de l’autre. Le public devient alors témoin du déroulement de la vie de gens ordinaires. Sans vraiment s’en rendre compte sur l’instant, ce groupe d’individualités va peu à peu commencer à se côtoyer, s’écouter et même s’intéresser à chaque parcours de vie. Les dialogues vont alors osciller entre intérêt pour la vie des autres et le retranchement dans sa propre existence.

Le jeu frontal avec le public crée parfois une ambiance particulière et apporte une sensation de malaise bienvenu accentuée par de longs silences. Il est toutefois à regretter un manque d’affirmation de certains comédiens qui peut nuire à l’équilibre de jeu de la troupe, une faiblesse qui il faut l’espérer s’estompera au fil des représentions.

Astrid Mercier propose une mise en scène malgré tout efficace qui met en lumière l’enracinement profond des gens pour ce qu’ils sont et leur culture mais aussi la faculté que chacun peut avoir à la découverte de l’autre.

Béatrice Stopin

Prochaines dates :
21 au 30 Novembre : Tournée Guyane – 2 dates Théâtre de Macouria (autres dates à confirmer)
22 Janvier : Orléans – Théâtre Gérard Philipe TGP CDN
24 Janvier : Dax – ATRIUM
28 Janvier : Poitiers – Théâtre Auditorium de Poitiers Scène Nationale
4 février : Roanne – Théâtre municipal
7 février : ATP Aude à Pennautier – Théâtre Na Loba
11 Février : Épinal – Auditorium de la Louvière
31 mars Millau – Théâtre de la maison du peuple
3 avril : Villefranche de Rouergue – Théâtre municipal

Photo Christophe Pean

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