« FACE A LA MERE », TRAGEDIE UNIVERSELLE

CRITIQUE. « Face à la mère » de la compagnie Tandaim – Texte : Jean Hervé Lemoine / Mise en scène : Alexandra Tobelaim – Théâtre de Nice – Samedi 9 mars à 20h00.

Ce spectacle intimiste nous amène sur scène à la même hauteur que les interprètes. Face aux artistes, au plus près, avec la lumière, on distingue parfaitement les visages et les émotions des six interprètes. La pièce va se jouer là, devant nous et au milieu de nous, pour nous emporter dans son univers.

De grands rideaux blancs pendent du plafond comme dans un théâtre grec, les lumières renforcent l’immaculé. Au sol, un chemin blanc est tracé qui vient jusque parmi le public. Ils sont trois conteurs pour un seul personnage. Trois personnalités différentes qui par leur jeu singulier vont apporter une richesse au texte.

Ils sont également 3 musiciens, un guitariste et machines électroniques, un contrebassiste, un batteur. ils jouent, chantent et parfois même donnent la réplique. La musique est un personnage à part entière. Elle inonde le plateau. Elle sait se faire plus discrète ou plus violente suivant le jeu qui se déroule sous nos yeux et nos oreilles.

Le texte est une merveille. Un fils vient quelques années après la mort de sa mère pour lui parler. Tout ce qu’il n’a pas pu lui dire de son vivant, l’amour, la haine, la vie.

Chacun des conteurs à tour de rôle déclame ce texte poétique, parfois en même temps. ils sont tendus, les bras raidis le long du corps, pas un sourire, juste un besoin de régler ses comptes avec une mère autoritaire puis absente. Ce poème nous fait parcourir la vie de cette mère au travers des yeux du fils. Il nous conte son enfance douce au Congo belge, sa difficile adolescence en Europe et la séparation lors du retour de sa mère en Afrique. La tension monte jusqu’à l’extrême où l’on apprend la raison de la mort de la mère.

Ce texte singulier va faire résonner en nous le lien fragile avec notre mère et nos enfants. De l’enfance à l’âge adulte, on suit les non-dits, les manques, les amours, les petites morts et les peurs de ce garçon en deuil qui tente de retrouver sa mère. La mise en scène toute en nuance, sans artifice, conduit à l’apaisement de l’âme.

C’est une tragédie antique universelle, quel joyaux, quelle pépite.

Annick et Emmanuel Bienassis

Avec : Stéphane Brouleaux, Geoffrey Mandon, Olivier Veillon, Astérion (contrebasse), Yoann Buffeteau (batterie), Lionel Laquerrière (guitare, voix).

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