« SUR UN QUAI DE GARE », UNE HISTOIRE D’AMOUR

CRITIQUE. « SUR UN QUAI DE GARE » – De Samuel Benchetrit – Mise en scène : Itsik Elbaz – Théâtre LE PUBLIC – Grande Salle – Bruxelles – jusqu’au 30/03/2019.

La comédie : Une gare de campagne. Le train pour Paris a du retard, suite à un incident technique. L’hôtesse (Elsa Tarlton) l’annonce dans le haut-parleur, non sans humour. Lui ? C’est Charles (Michel Kacenelenbogen), la soixantaine. Il est assis sur le banc de gauche. Elle ? C’est la jolie Michelle (Jeanne Kacenelenbogen). Elle est assise sur le banc du milieu. Et le jeune trentenaire sur le banc de droite, qui est-ce ? Tout simplement, Vincent (Antoine Herbulot). Il est nerveux, un peu paumé. Il regarde souvent sa montre. Peu lui importe que Charles l’interpelle, il n’a aucune envie d’engager la conversation et encore moins de le renseigner sur les horaires, ni même sur le retard du train. Il a déjà bien assez à se tracasser pour son futur bar-tabac, alors écouter un vieux con… Ou serait-ce plutôt lui le jeune con ? Charles se le demande. Michelle, elle, se contente de regarder devant elle, entre ces deux hommes, dont l’un, Charles, n’est autre que son père.

Un père qui souhaite qu’elle rencontre l’amour et qui incite Vincent à la regarder, à lui parler. Les regards se croisent et puis… Qu’adviendra-t-il sur ce quai de gare ? À vous de le découvrir.

L’Auteur et la Mise en scène : À la fois auteur, comédien, réalisateur, écrivain et scénariste, Samuel Benchetrit aime traiter « des instants de vie » en faisant resurgir justement, l’extraordinaire de vies ordinaires. Des scènes simples, qui touchent forcément de par leur réalisme, leur tendresse, leur sincérité. Avec « Sur un quai de gare » créé en 2001, il signe une jolie comédie qui permet aux spectateurs d’oublier que dehors, tout n’est pas toujours rose : « Dans le brouillard et la violence du monde, on peut s’en référer à des gens qui ont la force d’être eux-mêmes » nous dit Itsik Elbaz, pour qui cette comédie devient intéressante (malgré le titre qu’à la base, il avoue, n’avoir pas aimé) dès lors qu’il se pose la question sur « une histoire toute simple de passage, de franchissement, d’héritage d’amour avec des gens simples et gentils qui ne vivent pas de conflits majeurs ». À force de répéter le spectacle, il en est convaincu, et nous le prouve, d’ailleurs, avec cette mise en scène réussie de « Sur un quai de gare ». Elbaz qui alterne les casquettes, entre comédien, enseignant et occasionnellement metteur en scène. On se souvient de lui, entre autre, dans « l’Homme qui mangea le monde » et récemment « Macbeth », deux spectacles mis en scène par Georges Lini (retrouvez les critiques dans le BDO Tribune et le BB Bruxelles). Ou encore, en adaptant « La promesse de l’Aube » de Romain Gary (à lire également sur notre quotidien en ligne BDOT). Un artiste qu’on aime décidément suivre.

Les comédiens : Souvenez-vous, le « Tribune » l’avait déjà repéré dans « Bruxelles, printemps noir » (voir critique sur le site) mise en scène par Philippe Sireuil (où l’on retrouve d’ailleurs également Iznik Elbaz), et voilà qu’il nous surprend une nouvelle fois, agréablement, dans cette comédie de Benchetrit. Il s’agit de sa première collaboration avec le Théâtre Le Public, et c’est une belle découverte : drôle, tendre et à la fois sérieux dans le rôle de Vincent.

Quelle belle et agréable voix que celle d’Elsa Tarlton, qui nous fait rire dans le rôle de l’hôtesse. Récemment diplômée en tant que comédienne, bien qu’elle soit déjà montée sur scène (« 2H14 » -spectacle jeune public-) c’est la première fois qu’elle collabore et avec le théâtre Le Public, et avec Elbaz. Une belle découverte.

Quant à Michel et Jeanne Kacenelenbogen, père et fille sur scène comme dans la vie, que dire ? la complicité entre les deux comédiens saute aux yeux. C’est la première fois qu’ils jouent ensemble sur scène, et on ne demande qu’à les y retrouver ! On se souvient bien sûr de la jeune femme dans « Les yeux de verre » de Michel Bouchard où elle jouait, cette fois, aux côtés de sa mère Patricia Ide (critique BDO Tribune). Quant à Michel K., premier prix au conservatoire de Bruxelles, également metteur en scène et fondateur du Théâtre le Public, c’est ce père-ci qu’il préfère à ces autres rôles du même genre. Et nous aussi, tant par le réalisme avec lequel il l’interprète, que par la douce émotion qu’il provoque auprès des spectateurs.

La scénographie : Rien ne serait pareil sans la scénographie signée Renata Gorka. On comprend mieux que cette artiste ait reçu le prix de la Critique de la meilleure scénographie de la saison en Belgique en 2016. Un travail que l’on avait déjà pu apprécier dans « La promesse de l’aube » ou encore dans « Moutoufs » (critique BDO), pour ne citer que ceux-là.

« Sur un quai de gare » : C’est tout simplement l’amour, de l’amour, tendre et drôle, ce pourrait être vous, nous, eux… Une histoire ordinaire, sensible, légèrement décalée, entre vérités et éclats de rire, amour passé et à venir.

Moi ? J’y vais ! Et vous ? Rendez-vous au théâtre LE PUBLIC ! C’est jusqu’au 30/03/19.

Julia Garlito Y Romo

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