« LITTLE GOUDA (Le Pain) » ? NON MERCI !

CRITIQUE. « LITTLE GOUDA » 1ère partie : « le pain » – Écriture, scénographie, mise en scène : Arthur Egloff, Damien Chapelle – Théâtre VARIA, Bruxelles jusqu’au 6/10/18.

L’histoire : premier volet « le pain »
Un décor à la fois simple et parfois loufoque, dans cette grande salle bien montée et multifonction du théâtre Varia. Deux amis, Bart et Dani, habitent au milieu d’une coopérative ouvrière qui fabrique du pain. Farine éparpillée sur la scène, et odeur de pain grillé viennent accompagner une forte explosion. Que s’est-il passé ? Pourquoi, comment ? Voilà ce que « l’intrigue » de la pièce sera censée nous révéler, nous apprendre, à travers les deux principaux personnages, mais également des apparitions parfois rocambolesques de cinq autres, dont une femme. Les jeux du levain sont proches et plus moyen de fabriquer du pain, la communauté se voit dans l’impossibilité d’y participer. Après des discussions, des conflits des désillusions amoureuses, la reconstruction de l’usine est mise à l’ordre du jour. Cette idée va bousculer tout ce petit monde, en créant, notamment corruptions, trahisons et jalousies. Le vivre-ensemble va être chamboulé. La communauté et son fonctionnement sont remis en question.

En résumé : une comédie peu convaincante.
Little Gouda est une trilogie dont le premier « opus » est « le pain », auquel succèderont « l’exode » et « le procès ». Bart et Dani, les deux personnages principaux, sont « nés » (peut-on lire) lors du spectacle « Mange ta glace » de Sofie Kokaj où ils n’apparaissent, semble-t-il, que quelques minutes. L’expérience laisse libre cours à l’imagination d’Arthur Egloff et de Damien Chapelle pour imaginer un spectacle « autour de la question du travail » et décident de « travailler au théâtre le matériau-texte, comme seul prétexte de jeu ». Ils n’en sont d’ailleurs pas à leur première écriture/création/mise en scène en commun (« Le tuba des pédiluves », en 2016, entre autres), ce qui les amènent, tout naturellement, à finir par jouer également ensemble.

Si le sujet de la pièce n’est pas inintéressant et mérite que l’on y prête attention (le côté socio-économico-politique qui frappe un village après l’explosion de la coopérative boulangère où se mêlent l’amitié et l’amour avec son lot de tromperie, supercherie et mensonge) il est à regretter ici la mise en scène et le jeu des comédiens qui ennuient franchement, pour ne pas dire font fuir. Et pour cause, certains se lèvent avant la fin de la première partie. Si quelques passages peuvent faire rire « vraiment » d’autres font rire jaune… Est-ce la gêne face à l’absurde qui le provoque ? Quoiqu’il en soit, après les 15 min de pause entre les deux longues heures que dure le spectacle, certains ne reviennent pas dans la salle et d’autres encore sortent avant la fin.

Une démarche artistique ? Oui, c’est certain -on ne peut nier le travail qu’il y a derrière, notamment quelques « effets spéciaux » très bien montés- mais une façon tellement ridicule de le proposer que, malgré quelques bonnes prestations des comédiens durant la représentation- certains dialogues intéressants se noient dans ce qui semble être plus un humour douteux qu’autre chose, voire à une moquerie dont fait les frais le public. Après le premier acte, ils en font d’ailleurs eux même la réflexion en se référant aux spectateurs qui ont quitté la salle comme « ne comprenant pas le sens de la pièce ». Déplacé et inapproprié à mon goût. Bref, pour un public avertit.

Propos recueillis lors d’une interview par A.E. aux deux compères : « Une création collective sur le plateau, même si en amont il y a plein de choses qui ont été pensées par nous et que nous ne remettrons pas en question. Nous avons délimité le terrain de jeu. Mais sur le plateau, nous abolissons totalement la frontière de la mise en scène ». OK…ça, c’est fait ! Et à la question de A.E. « comment pensez-vous que le public réagira ? « J’espère que le spectateur le vivra comme un « after choc » (…) ». Heu… ben voilà quoi !

Entre clownerie et autres acrobaties, le fait est que : Little Gouda (le pain)… je fuis !

Julia Garlito Y Romo

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