BRUXELLES : DU STREET ART À LA PYCHANALYSE

MAGAZINE. Expositions : « L’Art n’est pas un crime » – ALESSIO-B &« Désinformation » – Fausto MANARA – Valverde Art Gallery, Rue Ernest Allard 37, à 1000 Bruxelles (quartier du Sablon) – Jusqu’à la fin septembre 2018.

Du Street Art à la Psychanalyse, et si le point commun parmi toutes ces couleurs se nomme simplement Liberté ?

ALESSIO-B

Vous avez parcouru le monde ? Vous habitez Paris, Venise, Padoue ? Londres peut-être ? Alors Alessio-B ne vous est pas inconnu. La Joconde-dandy ou les enfants tagueurs, les cœurs et les Love & Peace, « Follow your heart » ou » I want to be free » « pancardisé » entre autre par un singe (si l’on peut dire), vous voilà plongé en plein Art de la Rue : « l’Art comme partage » nous dit le mondialement connu artiste italien.

Sur un énorme pan blanc de la galerie Valverde, un cœur géant et une enfant sont visibles déjà depuis la rue. Une perspective qu’offre cette galerie tout en transparence : l’œuvre d’Alessio-B attire et capte le passant, l’invitant à découvrir son art sur des tableaux qui abolit, pour l’occasion, le côté éphémère. En effet, habitué et amoureux du Street Art, où les zones grises des villes deviennent des images aux couleurs et aux messages profondément humaniste, ici, sur les toiles, le peintre recouvre l’image « d’une résine acrylique transparent et rigide confèrent aux tableaux, selon lui, un genre « d’identité de sculpture ». Un « nouveau réalisme » raconte-t-il, qui protège l’image tout en la conservant, « une référence à l’archéologie ». Lors du vernissage, Alessio-B a donc réalisé cette œuvre murale éphémère, mais a également fait une démonstration de sa façon de faire en réalisant une Joconde-dandy sur un mur et des affiches à même le sol de la galerie. Un exercice quelque peu contradictoire avec la personnalité plutôt réservée et discrète de cet artiste, bien plus à l’aise dans l’anonymat de la rue qu’entouré du public lors de l’exposition, bousculant ainsi ses habitudes et son monde intérieur. Et pourtant, il n’en est pas à ses premières démonstrations en live, puisque la 55ème édition de la Biennale à Venise en 2013 a pu admirer une de ses fresques, élaborée, à cette occasion, dans le cadre du Back 2 Back.

Un Tag dites-vous ? C’est bien plus que cela. C’est l’esthétique et l’imaginaire qui se marient aux paroles de paix et d’amour. C’est les murs qui deviennent les tableaux sur lesquels Alessio-B exprime son art. « Aucune improvisation mais une accumulation de gestes, une anticipation de l’action très élaborée » explique-t-il. Ce qui le différencie, d’ailleurs, des autres tagueurs. Stencil, masques successifs en pochoirs, affiches décollées et retouchées, acrylique ou collage de papiers élaborés, couleurs vives, noir et blanc, constituent les mélanges pop-rock de cet artiste résolument pacifiste. Il y inclut certains repères comme des dates ou des initiales liées aux personnages qu’il y représente issus en général de la pop art, de la musique pop, rock ou punk. On peut ainsi voir Jimmy Hendrix, Johnny Cash, Marylin et tant d’autres sur les murs des villes, mais surtout et principalement, les enfants. Les enfants ont, en effet, leur importance dans le travail d’Alessio-B pour qui: « l’enfant transmet une joie de vivre, de l’enthousiasme, de l’humour toute en étant capable de communiquer de manière légère des messages forts et positifs ».

Pour la petite histoire, c’est à l’âge de seize ans, lors d’une visite scolaire à Paris, que l’artiste découvre le « street art » à travers l’invasion de rats et des personnages issus de la réalité urbaine : le travail de Blek le rat inspirera le jeune adolescent italien révélant ainsi son désir profond de faire de même tout comme plus tard, l’anglais Bansky. Si l’influence de ces deux artistes se reflète dans le travail d’Alessio-B, il n’en reste pas moins qu’il y ajoute une grande part de touche personnelle qui mérite que l’on y prête une attention très particulière. Des études d’architectes, de nombreux voyages à travers le monde feront le reste, l’imaginaire coloré, empreint d’humour et de partage du beau habille l’âme libre d’Alessio-B, et on aime !

FAUSTO MANARA

Assis sur un fauteuil face à celui de l’artiste et psychiatre italien, Fausto Manara, le visiteur a l’occasion de converser en « toute intimité » et d’entrer dans son monde ; un monde coloré et imagé ; la psyché et la photographie transformées en une réalité qui n’en est plus une ou… peut-être que si : vous voilà au creux de la « Désinformation ». Bienvenu/e à la « rencontre des inconscients ».

Psychiatre renommé et professeur universitaire à la faculté de médecine, Fausto Manara transforme l’extraordinaire complexité de la psyché en un art haut en couleur. À partir de photographies, clichés qu’il capte partout où il passe, l’artiste italien ne se limite pas à les exposer telles quelles, il les retravaille sur son ordinateur au gré de ses pensées et de son imaginaire s’inspirant des « instruments qui sont en sa possession », nous dit-il, celles, entre autres, de « lecteur des histoires humaines », une expression aussi belle que celles qu’il nous fait découvrir à travers ses tableaux. On y retrouve, et on l’écoute raconter, sa propre définition qui laisse cependant libre cours à notre imagination ; pas de limitations donc mais une totale liberté. La photographie prise telle quelle n’est pas forcément ce qu’elle semble être : elle constitue une part de ce qu’elle représente pour chacun d’entre nous. La liberté d’expression prend ici toute sa définition. Ainsi, par exemple, la photographie de fleurs dans leur vase se transforme au fil de ses manipulations informatiques en une femme du désert. Alors désinformation ou réalité ? À vous, à nous, de le décrire, voire de le découvrir.

Fausto Manara veut bousculer les habitudes et, parti d’une vielle passion, la photographie qu’il cultive en amateur, il utilise les nouvelles technologies et à travers son évolution il ne résiste pas à la tentation de retoucher l’image, transformant ainsi « le pinceau » traditionnel en « souris » : « pinceau technologique », jouant avec la lumière et les contrastes… « Contrastes » … Mmmm… Vous saisissez ? Manara et son travail d’artiste : une façon de « s’éloigner des concepts compliqués des trois cerveaux (cortex cérébral ; cerveau des émotions et celui que l’on appelle reptilien) pour parler de la « séduction magique et maligne de la désinformation ».

Fausto Manara le beau de la psyché à travers les clichés transformés… à découvrir.

Deux artistes italiens se côtoient donc dans une même galerie, chacun son espace dans un espace certain : la rencontre des deux se traduit par une belle complicité qui saute aux yeux lorsqu’on les voit ensemble.

La galerie Valverde à une nouvelle fois fait mouche ! On y va.

Julia Garlito Y Romo

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