AU VIDY, UN « BESTIAS » TOUT EN RONDEUR CIRCASSIENNE

CRITIQUE. « Bestias » par la Compagnie Baro d’evel – Théâtre Vidy-Lausanne – Du 11 au 16 septembre 2018.

En ouverture de saison, c’est à un spectacle tout public que nous convie le théâtre de Vidy. La troupe du cirque Baro d’Evel, emmenée par Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias, propose un ensemble de saynètes dansées autour des thèmes de l’identité et de la coexistence.

Un chapiteau entouré de caravanes où l’on entre groupés, d’emblée avertis que « oui, c’est commencé et c’est par là, s’il vous plaît, suivez la lumière ». Nous sommes guidés derrière les gradins, dans ces coulisses circulaires décorées de fresques qui évoquent l’art pariétal, mêlant silhouettes humaines et chevalines : origines communes. Ensuite, c’est l’arène, le passage à la vie. Celle des quatorze comédiens : huit humains, deux chevaux, trois perruches et un corbeau pie. Ils y explorent équitablement leurs rencontres, leurs luttes, leurs émois. Tout est fluide et tonique à la fois. On s’y effondre avec légèreté, on s’y élève avec grâce, on s’y confronte sans conflit. Les chorégraphies se suivent, menées tour à tour par un cheval, un oiseau ou un humain. Aussi harmonieuses que joyeuses.

Ici, c’est la peur que la voix exorcise et le cri se transforme en chant lyrique. Là, on se dispute : l’amour ou l’argent ? Plus loin, un homme s’épuise à redresser seul le monde qui s’affaisse. Ou encore les voltiges d’une femme, confiante envers le groupe qui la porte. Arrive aussi une radieuse drôlesse, toute en hauteur et finesse, telle un perchoir à oiseaux, prônant l’amour et la beauté. Et deux chevaux montés par de drôles d’oiseaux.

Humour et bienveillance, musique et chants, agilité et maîtrise, rythment la poésie de ces rencontres.

L’absurde côtoie la sagesse comme l’humain sa propre animalité. Le sens se passe du langage, c’est le corps qui se l’approprie et danse la parole.

Ce spectacle, tout en rondeur circassienne, joyeusement mené par cette compagnie inventive, est un grand moment de plaisir. Empli de métaphores philosophiques ou acrobatiquement visuel, le public y est nourri selon son propre appétit. Pour tous les âges et toutes les inclinations.

Culturieuse

Photos Cedric-jean Buisson

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s