« PROMESSES D’UN VISAGE », ET SI LE SELFIE N’ETAIT PAS NE D’HIER ?

CRITIQUE. Exposition « Promesses d’un visage », Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique (MRBAB)- rue de la Régence – Bruxelles – 23/03/18 – 15/07/18

La visite : Imaginez 160 œuvres réunies, certaines ayant traversé les siècles, d’autres, plus récentes, dans un style contemporain. Vous voilà dans le monde des visages, des regards, parfois intenses, cristallins, tristes ou heureux, qui nous racontent leur vie au fil du temps. Des traits tracés, peints ou photographiés, d’un réalisme frappant.

L’espace d’un instant, le visiteur surfe entre ces portraits d’hier et d’aujourd’hui. Voilà ce que nous fait découvrir «Promesses d’un portrait : l’art des portraits primitifs flamands au selfie ». Mais pas seulement. De la peinture au dessin, de la sculpture à la photographie, l’impressionnante collection des MRBAB et d’autres œuvres invitées, nous transportent six siècles en arrière jusqu’à nos jours.

Van Dijk, Rubens, Chagall ou encore Gauguin, Delvaux, Fabre, Brueghel ( etc. ) se côtoient dans un mélange de style original. Une expérience innovante très intéressante. Parcours haut en couleur jusqu’au selfie si présent dans nos vies en ce XXIème Siècle.

Au fil du temps, l’évolution de l’art du portrait passe des commandes de la bourgeoisie de l’époque, à une conscience de la condition sociale. Des regards, des visages jusqu’au moindre détail vestimentaire et paysagiste tels qu’ils sont. Tout simplement parfaits. Rien à envier aux photographies hautes définitions d’aujourd’hui, ou presque.

On peut ainsi admirer, parmi les œuvres exposées, l’huile sur toile « Mignon » de l’artiste belge Jean-François Portaels (1818-1895) qui, influencé par ses nombreux voyages en Italie et en Orient, nous bluffe à travers les yeux de la jeune femme du tableau. Ou encore « La Loge » de l’impressionniste et expressionniste Gustave De Smet. Il joue avec les couleurs et les traits si particuliers de ses personnages. On reste captivé par le réalisme surprenant de « Les époux » et « Les vieillards » du Baron Léon Frédéric (1856-1940). Encore et toujours ces regards où se lisent la misère et la dureté de la vie. Et puis il y a « Les deux enfants » du peintre graveur Otto Dix (1861-1969); le self-portrait de Luc Tuymans (1994) en passant par les sculptures en bronze de Jean Fabre ou le portrait photographique en noir et blanc d’Hugo Claus ou celui de Stefan Vanfleteren représentant « Rinus Van de Velde ».

Mais ce n’est pas tout puisque cette exposition a ceci de particulier que le concept « TALKING TO ME » a été créé pour l’occasion. Original à souhait, il a permis aux visiteurs de participer activement à « Promesses d’un visage ». En effet, des petits papiers ont été mis à disposition invitant les participants, adultes et enfants, à partager leurs commentaires avec les autres. Un dessin, un poème, un mot, une phrase, une réflexion philosophique ou un détail tout simplement. Affichés ensuite sur différents murs mis à disposition, les plus surprenants ou originaux ont été sélectionnés et placés à côté des œuvres. « Un enrichissement participatif » pour cette exposition, nous dit les MRBAB, « suscitant de nouveaux dialogues ».

Plusieurs activités ont d’ailleurs été organisées autour de cet évènement qui a compté 166 œuvres, dont 118 peintures, 31 sculptures, 16 œuvres sur papier, 110 artistes, 44 oeuvres d’art Ancien, 122 oeuvres d’art Moderne et Contemporain.

Grâce au soutien du Maecenas Circle, un espace atelier unique dans l’univers de l’exposition où chevalets, tables, crayons, dia projecteurs ont accueillis petits et grands, les invitant à « s’immerger » en créant, eux aussi, de beaux portraits. Autant de souvenirs partagés sur les réseaux sociaux.

Il n’y a pas à dire, une vraie réussite ! Des initiatives comme « Promesses d’un visage » : on en redemande !

Julia Garlito Y Romo

Après « Promesses d’un visage », les MRBAB poursuivent leur « saison du portrait » avec deux nouvelles expositions originales accessibles jusqu’au 19 août 2018, tels que : Hiroshima Sugimoto « Still Life » ; Jean Fabre « My Queens » ; Michel Mouffe « Thinking the Veil ».

A voir également : «L’Art ancien » qui, sans aucun doute, mérite largement de gravir les marches de ces Musées au coeur de Bruxelles.

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