TRIBUNE : LES INTERMITEMPS VONT-ILS INTERMITER LE FESTIVAL ?

TRIBUNE. LES INTERMITEMPS VONT-ILS INTERMITER LE FESTIVAL ?
par Faustine Saint Pierre

Et oui, c’est la mi-temps ! les « zadistes » au rabais de la culture nous tiennent en haleine… Après avoir mité copieusement à Paris ces dernières semaines les (superbes) spectacles de Anne-Cécile Vandalem et de Vincent Macaigne (« bourgeois mégalomane s’adressant à une bourgeoisie anesthésiée« ) – entre parenthèse, deux des plus grands créateurs du théâtre contemporain…- « les intermittent.es du désordre » (tu parles) s’en prennent directement à Olivier Py dans leur dernier communiqué avec un message ambigu en forme de menace à peine voilée… Voici un extrait de leur prose :

« Peut-on interrompre ? Oui.
Faut-il interrompre ? Oui
Pourquoi interrompre ? Oui.
Il n’y a rien à dire de plus. Rire.
Nous sommes une fenêtre ouverte. Ceux et celles d’entre vous qui nous lisent, nous croiseront peut-être en Avignon (
on dit « à » et non « en » Avignon quand on est un minimum cultivé et au courant des us et coutumes locaux, NDLR), temple des marchands théâtreux (???, de quoi on parle, du « IN » ou du « OFF » ?) et de l’hypocrisie d’un monde qui se contemple. Il vous suffira, pour nous voir, de vous lever et de passer, de notre part, le bonjour à ce cher Olivier. »

Nous sommes irrécupérables. » (re-tu parles)

Au-delà de la puérilité de leur intitulé (les « intermittent.es », comme s’il fallait distinguer les meufs des garçons pour décharger les camions ou faire le figurant dans une pauvre merde de série tv !), de la pure crétinerie de leur « analyse », à quoi s’ajoute leur inculture profonde (ils-elles connaissent-ils-elles au moins ce qu’est la théorie du désordre, formalisée par les grands penseurs des années 70 ?), ces zadistes d’opérette puent la frustation, l’envie d’être sous les « sunlights » et l’esprit de revanche. L’aigreur et l’imbécilité de laborieux de la culture qui crèvent de ne pas être reconnus et s’en prennent à de véritables artistes, peut-être les meilleurs de l’époque, et à leurs spectacles magnifiques. Pauvres nazes.

Je dis cela parce que ces gens-là -dont on ignore tout, au passage, l’anonymat faisant bon ménage avec les assedics du spectacle- se prennent en plus pour des « artistes » et revendiquent leurs pauvres agitations dignes de lycéens boutonneux qui découvrent la vie, comme des « performances »… C’est à pleurer de rire. Macaigne doit être ravi d’être saboté par ces post-ados mal dégauchis, passés sans le voir à l’âge adulte et qui d’un coup se la pètent révolutionnaires, tout en continuant de pointer à Pôle-Emploi…

Lire ce qu’ils disent de lui, justement, est édifiant : « Vincent Macaigne est un capot qu’il faut soulever pour déconstruire une machine. Il nous semble moins essentiel de s’attarder sur comment ce capot a résisté plutôt que de réfléchir à ce qu’il cache« …

Non seulement c’est fumeux -comme toute la prose et les « théories » de zadistes et autres punks à chiens, mais en plus cela relève d’une « pensée » nébuleuse parfaitement incohérente avec leur propre statut social : celui d’intermittents (s’ils en sont vraiment) payés par la chose publique, justement, qu’ils vouent aux gémonies et sur laquelle ils crachent sans retenue.

Mais enfin, que seraient-ils, nos chers « intermittents du désordre », si le théâtre public ne les employait pas ? Comment se justifieraient-ils de leurs 507 heures annuelles, nécessaires à l’obtention de leur statut d’intermittent -entre parenthèses, créé à l’origine pour les techniciens du cinéma- pour faire bouffer leur famille, si le théâtre subventionné de les embauchait pas ???

Et que ne s’attaquent-ils pas plutôt au capitalistique théâtre privé parisien et leurs producteurs-patrons qui s’engraissent en vendant de la mauvaise comédie « moliérisée », du stand-up indigent et autres saloperies ? Les voilà les vrais profiteurs du théâtre, ces Laurent Ruquier, ces Jean-Marc Dumontet et autres bouffons spéculateurs, les voici ces « cibles » du « marché » à éradiquer…  Et à Avignon, ces « Palace », ces « Paris » et autres salles emblématiques de la dérive mercantiliste du OFF ? Mais, certes, pour cela il faut avoir des couilles, et ne pas penser à remplir sa feuille d’assedic…

Tout cela est lamentable : de bêtise crasse, d’inculture et de bouffonnerie de cour de récré. Qu’ils y viennent, à Avignon… Viendez, Viendez ! Et vous vérifierez combien vous êtes totalement à côté de la plaque, confits dans vos misérables certitudes de révolutionnaires en chambre. Vous verrez comment vous serez accueillis par les publics du Festival et du OFF, combien ils vont vous aimer… Si vous ne finissez pas au Rhône, avec l’eau du bain…

Pauvres interminables du « désordre » : la désobéissance, c’est dans les dictatures qu’il faut l’éprouver. Se mesurer. Mais évidemment, cela demande beaucoup plus de courage, d’engagement, d’intelligence, de lucidité et de persévérance que vous n’en aurez jamais. N’est pas « révolutionnaire » qui dit.

Bien sûr, vous l’aurez compris, cette Tribune n’engage que moi-même. Et je la partage. Merci au BDO Tribune de la publier.

Amen.

Faustine Saint Pierre,
pour vous servir

images : « Je suis un Pays » de Vincent Macaigne, Photos Mathilda Olmi et DR

 

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