PASCAL DUSAPIN : TOUT UN WEEK-END POUR SAVOURER « O MENSCH! », « MOMO », OU « MORNING IN LONG ISLAND »…

AGENDA. WEEK-END PASCAL DUSAPIN du Samedi 17 février 2018 au Dimanche 18 février 2018 – Cité de la Musique – Philharmonie de Paris.

Attaché à sa liberté de pensée, Pascal Dusapin s’est toujours tenu à l’écart du moindre courant esthétique – ce qui ne l’a pas empêché d’emprunter parfois, à l’un ou à l’autre, de quoi servir sa musique. Cela tient certainement à sa personnalité, mais aussi à la manière dont il est venu à la musique. Car la composition n’a pas été d’emblée une évidence pour lui. Au cours de ses années d’études, les arts plastiques et la littérature l’occupent au moins aussi intensément.

Élève à la Schola Cantorum, c’est la découverte d’Arcana d’Edgard Varèse qui le fait irrémé- diablement basculer, et il suit dès lors assidûment les séminaires de Iannis Xenakis entre 1974 et 1978. Également marqué par Franco Donatoni et influencé par le jazz, il développe un style affranchi de toute obédience, caractérisé par une microtonalité subtile et une polyphonie intense.

Mais on aurait tort de penser que les passions de jeunesse de Pascal Dusapin ont cessé de l’accompagner et de l’inspirer. Ses inclinations extra-musicales infusent toute son œuvre, parcourue par Samuel Beckett, Gilles Deleuze, sans oublier les romantiques allemands, dont il se plaît à revisiter les pages, des plus grandioses aux plus modestes. Cela le conduit à approfondir la relation de la musique au texte ainsi que l’étendue expressive de la voix, notamment via une approche charnelle de la vocalité –, laquelle se manifeste également dans son écriture instrumentale.

Ce week-end ne suffira sans doute pas à se plonger dans un si vaste imaginaire musical, mais il permettra, en déclinant quelques-unes des obsessions du compositeur, d’avoir un aperçu de son étendue et de sa variété.

Avec O Mensch! (donné le samedi et le dimanche), créé en 2013 par Georg Nigl, on verra Pascal Dusapin, à l’instar de ses héros romantiques, se frotter à l’exercice du cycle de lieder, sur des textes de Nietzsche. Avec Momo, c’est au théâtre musical qu’il s’essaie, avec un hommage doux et plein d’humour au monde du cirque. Pascal Dusapin sera lui-même sur scène pour le concert Melancholia, petit portrait brossé par quelques-uns de ses amis musiciens, solistes de l’Orchestre de Paris et de l’Ensemble intercontemporain : autour de lui flotteront en musique les spectres de ses héros et ses modèles, les Beckett, Schubert, Goethe, Shakespeare… Enfin, Morning in Long Island (2010), interprété par l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg, apportera la preuve que le Nouveau Monde peut l’inspirer autant que l’Ancien…

O Mensch!
Georg Nigl, baryton – Sébastien Vichard, piano

« Une promenade où errent des thèmes aussi différents que l’humanité, les hauteurs, la nuit, la mort, le désespoir, l’amour, le secret, Richard Wagner, la nature, le gai savoir, le tonneau de Diogène, la gloire, la lune » : c’est ainsi que Pascal Dusapin décrit les 19 chants et 4 interludes pianistiques qui composent O Mensch!, sur des textes de Nietzsche. Une œuvre à mi-chemin entre le cycle de lieder et le drame miniature, portée par le merveilleux Georg Nigl.

Aux origines de cette œuvre scénique atypique, à mi-chemin entre le cycle de Lieder et le drame miniature, on trouve une double amitié artistique : celle qui lit Pascal Dusapin au baryton Georg Nigl et à la pianiste Vanessa Wagner. Composée de 19 chants et 4 interludes pianistiques, la partition porte la marque indéniable de cette complicité : une forme d’intimisme pénétré et de secrète intelligence qui illuminent le discours musical. Adaptation musicale d’un florilège de poèmes de Friedrich Nietzsche, c’est une expérience mystérieuse, poétique, pleine de nostalgie : « Une promenade, dit le compositeur, où errent des thèmes aussi différents que l’humanité, les hauteurs, la nuit, la mort, le désespoir, l’amour, le secret, Richard Wagner, la nature, le gai savoir, le tonneau de Diogène, la gloire, la lune. » Pour la première fois depuis sa création parisienne il y a presque dix ans, l’œuvre nous revient, incarnée par Georg Nigl et accompagnée par le sensible pianiste Sébastien Vichard, soliste de l’Ensemble intercontemporain.

https://philharmoniedeparis.fr/fr/programmation/les-week-ends-thematiques/week-end-pascal-dusapin

Photo Marthe Lemelle / Naïve

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