BETTINA RHEIMS EXPOSE SES « DETENUES » AU CHÂTEAU DE VINCENNES

AGENDA. Bettina Rheims « Détenues » – Exposition au château de Vincennes, du 9 février au 30 avril 2018

L’exposition restitue une série particulièrement sensible autour de femmes en détention, dans laquelle la photographe Bettina Rheims rend hommage à ces détenues contraintes à vivre dans des conditions matérielles difficiles, bien souvent éloignées de leurs enfants. La photographe en dévoile des visages, des émotions, des paroles, autant d’actes de vie qui redonnent à ces féminités une part d’existence plus visible.

Au total, une cinquantaine de photographies seront exposées au château de Vincennes puis au château de Cadillac en juin où l’installation photographique renouera avec le passé carcéral de ces deux monuments et l’histoire des prisons pour femmes en France.

La série « Détenues » de Bettina Rheims
« En 2014, pendant que nous rassemblions les éléments de la monographie de Taschen, je préparais une nouvelle série, sans doute la plus sensible, faire des portraits de femmes en détention.

Depuis longtemps, cette idée m’obsédait. On parlait des hommes, de la radicalisation, de la violence en prison, mais trop peu des femmes. Qu’en était-il de leur vie quotidienne – Comment préservaient-elles leur féminité, loin des leurs, de leurs enfants – dans des conditions matérielles si difficiles.

Après avoir enfermé mes modèles, célèbres ou inconnues, dans des lieux clos, souvent exigus, il me fallait aller à la rencontre de femmes qui n’avaient pas fait le choix de vivre entre quatre murs. Nous avons beaucoup parlé. Elles se sont racontées, et j’ai tenté de leur offrir un moment hors de ce temps-là, une conversation de femmes à visage découvert.

Chacune, avec l’autorisation préalable de l’administration pénitentiaire et celle du juge d’application des peines, s’est présentée dans ce studio improvisé. Nous les avons accueillies pour choisir une tenue, se faire coiffer et maquiller, si elles le désiraient. Une occasion à cet instant de retrouver un peu de cette estime de soi, bien souvent égarée dans ces lieux de détention où rien n’est fait pour elles.

L’administration pénitentiaire est une lourde machine, apparemment si éloignée de la création. J’y ai cependant croisé des hommes et des femmes attentifs et bienveillants qui ont soutenu ce projet. Je les en remercie.

Que toutes celles qui m’ont fait confiance en posant pour moi sachent que je ne les oublierai jamais. » (Bettina Rheims)

De sa série sur les stripteaseuses de Pigalle (1980) qui marque le début de sa carrière, au cycle sur la vie de Jésus dans « I.N.R.I. » (1998), des portraits d’animaux empaillés dans la série « Animal » (1982) à son travail sur le genre dans « Gender Studies » (2011), la photographie de Bettina Rheims bouscule l’iconographie et les thèmes traditionnels.

L’une des séries majeures, « Chambre Close » (1990-1992) – la première en couleur – marque le début de sa collaboration avec le romancier Serge Bramly.

Plusieurs institutions ont consacré des expositions rétrospectives à son travail : le Kunsthal, Rotterdam et le Moscow House of Photography, Moscou (2006), le C/O Berlin et le FORMA, Milan (2008), la Maison Européenne de la Photographie de Paris et le Fotografiska Museet de Stockholm (2016).

Un ouvrage rétrospectif qui rassemble plus de 500 photographies réalisées durant 35 ans de sa carrière, a été publié par les Editions Taschen en 2016.

En savoir plus :
http://www.monuments-nationaux.fr

Image : Bettina Rheims Eve Schmit II, novembre 2014 Roanne

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