« CERCLE MIROIR TRANSFORMATION », THERAPIE DE GROUPE EN IMMERSION

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CRITIQUE. « Cercle Miroir Transformation » d’Annie Baker, dans une traduction de Patricia Morejón et Nick Millett ; mise en scène et scénographie : Nick Millett. Au Théâtre Le Public, Grande Salle, à Bruxelles jusqu’au 10/02/2018.

La pièce : Cinq personnages allongés sur le sol semblent être en pleine séance de méditation. Nous nous trouvons dans l’atelier théâtral de la coach Marty, en plein été, situé dans un petit village du Vermont. Quatre élèves y participent. Une jeune et timide adolescente de 16 ans qui rêve d’être comédienne; un ouvrier menuisier divorcé au caractère doux ; une comédienne encore amoureuse de son ex à la recherche d’elle-même et le mari de Marty qui, lui aussi, s’est inscrit aux cours de son épouse. Plus que d’apprendre à jouer la comédie, les cours donné par la coach ressemblent plutôt à une thérapie de groupe ou chaque personnage va se dévoiler peu à peu. Le public suivra leur évolution presque en immersion « totale ».

En suivant ces six semaines de coaching, on est tenté de dire que « c’est trop mignon » tellement les personnages sont attachants et sensibles. Particulièrement l’excellent acteur Nicolas Buysse dans le rôle de Schulz, mais aussi la jeune Camille Voglaire dans celui de Lauren. Les cinq comédiens belges, inclus Luc Brumagne (James), Cécile Van Snick (Marty) et Kim Leleux (Theresa) sont d’un naturel surprenant. Une scène telle une vie authentique, presque banale pourrait-on dire. Une confrontation face à leurs peurs et leurs doutes, mais aussi leurs espoirs. On rit, on s’émeut, on les plaint, on les comprend. On ressent presque leurs blessures, leurs gênes. L’identification est dès lors possible et imaginable dans nos vies et celles des personnes que nous côtoyons tous les jours. Aucun dénouement particulier, si ce n’est que cela pourrait être la vie de tout un chacun.

« Cercle miroir transformation » avait déjà rencontré son succès à Avignon en 2015 et bien sûr à New York : l’auteur Annie Baker, américaine, originaire du Massachussetts, a reçu (entre autres) le prix Off-Brodway de la meilleure nouvelle pièce de théâtre américaine et le prix Drama Desk de la meilleure pièce pour cette œuvre. Elle s’intéresse à la souffrance et à la cruauté. Un regard qu’elle veut porter d’un œil tendre, dit-elle. Le metteur en scène, Nick Millet, britannique, vit entre Paris et Bourgogne. Il préfère les plans intuitifs et base une partie de son travail sur « l’intensité », peut-on lire de lui, avec des approches philosophiques et les arts visuels.

Une belle adaptation belge, à découvrir assurément.

Julia Garlito Y Romo,
à Bruxelles

Une co-production du Theâtre Le Public, de l’Atelier Théâtre Jean Vilar (dont la directrice n’’est autre que la comédienne et metteur en scène Cécile Van Snick -alias Marty-) et du Théâtre de Liège en partenariat avec la compagnie Elapse et la participation du Centre des Arts scéniques. Cécile Van Snick serra d’ailleurs l’invitée du Public le samedi 3 février à 18’00. Une rencontre qui sera orchestrée par Eric Russon, animateur sur la RTBF.

 

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