« APRES LA PLUIE », IL NE SE PASSE PAS GRAND CHOSE…

CRITIQUE. « Après la pluie » de Sergi Belbel. Mise en scène de Lilo Baur, interprété par la troupe de la Comédie Française. Du 29 novembre 2017 au 7 Janvier 2018 à 20H30 au Vieux Colombier à Paris. Durée 1H45.

Le rideau s’ouvre. Nous sommes sur la terrasse d’un gratte-ciel, au 49ème étage. C’est là que les employés d’une entreprise financière montent pour fumer en cachette bravant l’interdiction mais aussi pour s’épancher, converser, draguer, comploter… De grands panneaux de verre, fixés horizontalement en fond de scène apportent une dimension futuriste et inversent les perspectives. Nous voyons ceux que les employés voient en regardant en bas : des gratte-ciels à perte de vue. Le décor est planté, majestueux, il n’y a aucun doute nous sommes au « Français ».

Le spectacle commence et là, quelle déception ! La mise en scène est appuyée et linéaire. Le jeu des, pourtant talentueux, comédiens de la Comédie Française apparaît sans nuance, plat, gauche parfois. Exceptée, la secrétaire blonde (qui n’a pas de nom) interprétée par la comédienne Anna Cervinka (qui elle, en a bien un !). Elle apporte un vrai relief à ce personnage pourtant très cliché. Originale et très touchante, elle rayonne. C’est malheureusement, ce qui manque aux autres, ils proposent des personnages assez caricaturaux, sans piquant ni fantaisie, à la limite parfois, j’ose le dire, des stéréotypes de la comédie de boulevard.

Mais c’est surtout parce qu’ils manquent d’une atmosphère forte, d’une lecture scénique singulière que les comédiens se trouvent « engoncés » dans leurs personnages et semblent manquer de liberté. Même la sécheresse, pourtant au cœur de la pièce, il n’a pas plu depuis 2 ans, n’est pas perceptible. En haut de ce gratte-ciel, personne n’y suffoque, personne ne transpire… on se demande pourquoi la pluie y est si attendue.

Cette satire sociale certes, datée par son propos : l’interdiction de fumer, le rapport des classes, l’image de la secrétaire…, aurait mérité d’être dépoussiérée et vivifiée en jouant sur son décalage, son absurdité, en exploitant son côté suranné, justement. Une lecture moins premier degré, plus déjantée qui inverserait les perspectives comme pour le décor ? Car le texte offre parfois de très beaux instants. Nous le percevons mais sur de trop courts moments pour être embarqués. Finalement, on rit peu et on finit par s’ennuyer sec devant « Après la pluie. » !

Marie Velter

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