« LA FUITE », DE MACHA MAKEÏEFF : AU SECOURS CAMARADES, FUYONS !

CRITIQUE. « La fuite » – Texte Mikhaïl Boulgakov – Mise en scène Macha Makeïeff à « La Criée », théâtre national de Marseille, puis du 7 au 8 Novembre 2017 au théâtre national de Nice et en tournée (hélas).

Macha Makeïeff a ouvert la saison de la Criée à Marseille avec « La Fuite » de Mikhaïl Boulgakov, programmée en ce début Novembre au Théâtre National de Nice. L’histoire des russes blancs, chassés par les rouges bolcheviks, qui fuient vers la Crimée, Constantinople et Paris à l’aube des années 20. La pièce est présentée en 8 songes avec entracte pour une durée de 3h30 au total. C’est une pièce de troupe où chaque acteur joue plusieurs personnages. Un effort particulier a été apporté aux décors. Cette pièce fût interdite pendant de longues années.

Difficile exercice que de mettre en scène un rêve historico-comico-tragique au théâtre.

Un décor riche, là un appartement, là un monastère, une gare, un port, beaucoup d’objets sur scène, beaucoup de fumée, d’effets de lumières, beaucoup de transformations de ces grands volumes pour suivre le périple de cette fuite. La scénographie est un élément important de la pièce pour emmener le spectateur voyager au fil des songes.

Côté jeu, les personnages sont multiples, offrant aux acteurs des rôles très différents tout au long de la pièce, tantôt homme ou femme, tyran ou précieux, vaniteux ou docile, les milles facettes de l’être humain acculé à la fuite.

Les costumes sentent l’authentique, et sont parfois aussi excentriques que peuvent l’être leur personnage. Pas de doute, nous sommes dans la Russie pré-Stalinienne.

Le rythme imposé par la comédie est très rapide tant dans l’action que la diction. Le trait comique est très marqué, répétition de gags, ordres chantés façon opéra, travestis. Les changements de décors et de personnages sont menés tambour battant.

Tout semble fait pour passer un agréable moment de théâtre de tréteaux. On peut être captivé par le rythme frénétique et plonger dans le rêve et la folie de ce tournant de l’histoire. Ou, comme nous, perdus, agacés et emportés par l’ennui sans ressentir le suspens d’une fuite où trop de tout fatigue… L’excès en tout rend le propos inaudible.

Annick & Emmanuel Bienassis

Photos Pascal Victor

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