« BELLA FIGURA », DE YASMINA REZA, QUEL ENNUI !

CRITIQUE. « Bella Figura » Texte et mise en scène de Yasmina Reza, interprété par Emmanuelle DEVOS, Camille JAPY, Louis Do de LENCQUESAING, Micha LESCOT et Josiane STOLERU. Du 7 novembre au 31 décembre 2017 au Théâtre du Rond Point à Paris. Durée 1H30.

Je me faisais une joie de découvrir cette nouvelle pièce de Yasmina Reza pour retrouver son sens du dialogue, des personnages et des situations et puis… RIEN !

J’ai erré pendant 1H30, comme les personnages à tenter de trouver du sens, une raison de m’accrocher, d’y croire. Si tel était l’objectif alors la démonstration est bien faite, mais pour quel résultat… Quel ennui ! Le théâtre pour moi, est fait pour vibrer, ressentir, être emporté dans une atmosphère, une intrigue, être transporté par des émotions. Mais hier soir, je n’ai ressenti que du vide.

Le texte, d’abord, nous plonge dans les états d’âme de personnages qui se rendent compte combien ils sont seuls et combien leur vie est insignifiante.

Boris invite Andréa sa maîtresse exceptionnellement au restaurant. Sur le parking du restaurant ils tombent sur Françoise une amie de la femme de Boris. Accompagnée de son mari Éric et de sa belle-mère Yvonne, elle vient fêter l’anniversaire de cette dernière. Tous vont ainsi partager une soirée sans le vouloir vraiment et assister au mal-être, à la situation étriquée de chacun. Andréa n’arrive pas à trouver sa place entre Boris et sa femme, elle a besoin d’exister à ses yeux, d’exister autrement. Boris, lui est préoccupé car il risque de tout perdre, à cause d’une mauvaise diversification d’activité de son entreprise. Éric n’en peut plus de sa mère qui n’en peut plus de sa belle-fille qui n’en peut plus d’être entre les deux. Le ménage à trois est parfois irritant et la place de chacun dans la vie difficile à trouver. Yasmina Reza nous ouvre une fenêtre sur leur « intérieur », leur solitude, leur questionnement mais dans quel but, pour quels effets ? Peu de rire, de philosophie, d’évolution de personnages, de renversement de situation, de matière à réflexion sont proposés. À part quelques phrases comme celles de l’ainée Yvonne Blum qui s’interroge « Ce qui m’embête avec la mort, c’est que les gens continuent de vivre, comme si de rien n’était. » … Celle que je retiendrai.

Pari risqué que celui de montrer au théâtre la médiocrité, la vie qui se déroule sans que rien ne se passe, l’étroitesse de l’existence…Le problème est que la mise en scène et le jeu des comédiens manquent tout autant de relief. Les silences mal à propos et les noirs sont nombreux, répétitifs. Le jeu paraît parfois désincarné. Tout me paraît décousu et lancinant. Je suis entrainée dans un faux rythme et je cherche en vain quelque chose qui n’arrive pas. La pièce manque de piquant dans les dialogues, les situations, l’interprétation, les corps. Je ne retiens qu’une chose : cette insignifiance et je finis par ne plus comprendre l’intérêt de cette voiture flamboyante tractée au milieu de la scène, de toutes ces manipulations, de ces multiples changements de lieu et de décor…
Je pense finalement « beaucoup de bruit pour rien ». Mon propos est dur parce que j’étais déçue, vraiment. Suis-je passé à côté de quelque chose ?

Marie Velter

Photo Arno Declair

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