AU THEATRE NATIONAL NICE : « EDMOND », VIRTUOSITE JUBILATOIRE

CRITIQUE.« Edmond » d’Alexis Michalik – 20h00 – Théatre National de Nice – Le 20 Octobre 2017.

Virtuosité jubilatoire.

Irina Brook ouvre la saison 2017-2018 du théâtre national de Nice avec « Dom Juan et les clowns », dans le cadre du festival « Génération Z », et le très Molièrisé « Edmond » d’Alexis Michalik. Ayant déjà vu « Dom Juan et les clowns », nous nous dirigeons vers « Edmond » avec le sentiment d’aller voir une pièce bien faite, bien jouée, mais sans surprise.

Dans la grande salle à l’italienne du TNN, un décor de scène de théâtre de la fin du XIXème siècle fait face au public. 12 acteurs vont interpréter une multitude de rôles pour nous plonger dans la courte et difficile écriture de « Cyrano de Bergerac », en seulement 3 semaines. Après avoir dépeint dans un préambule les 2 années précédentes, la pièce nous emmène à une cadence effrénée dans la création de ce chef d’oeuvre avec force humour et quelques pointes subtiles d’émotions. Les acteurs sont excellents dans leur rôle, mention spéciale à Pierre Forest en Cyrano, Christine Bonnard en Roxane et Guillaume Sentou en Edmond.

Alexis Michalik nous impose un rythme proche certainement de celui qu’Edmond Rostand a dû vivre pendant ces 3 semaines de création. Début Décembre, il faut qu’il crée une pièce à grand succès avant la fin du dernier mois de 1897 sous peine de voir disparaître les investisseurs, son acteur principal, le lieu de représentation et sombrer un peu plus dans la misère. C’est très enlevé, virevoltant, plein de rebondissements. Les problèmes qui arrivent les uns derrières les autres sont traités à la seconde, dans une frénésie de création où le quotidien alimente l’écriture et la muse comme source d’inspiration est portée en étendard.

On se laisse volontiers emporter dans ce flot agité, chaleureux et heureux. Les interprétations, les décors, les costumes et l’écriture sont captivants. Le théâtre populaire ajoute un bijou à sa collection et le public remercie chaleureusement pour ce moment d’euphorie.

Sans sa muse, aurait-il été si haut dans la transcription des sentiments amoureux et faut-il être toujours dans l’inconfort pour créer de l’extraordinaire ?

L’urgence est elle toujours un moteur nécessaire à la création ?
Faut-il se conformer au style de l’époque pour être apprécié ?
Existe-t-il encore des artistes relevant pareil défi avec tant de brio de nos jours ?

Ces questions sont posées, Alexis Michalik également jeune artiste y répond en partie avec « Edmond ». Il nous livre un beau travail, soigné, une écriture affutée, une mise en scène au cordeau, une distribution homogène et cohérente, d’une qualité qui nous ravit et arrive à nous surprendre de part la virtuosité, l’enthousiasme et l’énergie transmise.

Annick & Emmanuel Bienassis

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